Bubble.io : Créez votre SaaS sans coder, est-ce viable ?
La plateforme Bubble permet de créer des applications web et mobiles évolutives grâce à l’IA et sans nécessiter de codage. Les utilisateurs peuvent basculer entre l’invite AI et l’édition visuelle pour concevoir leurs applications exactement comme ils les envisagent.
Imaginez pouvoir construire le prochain Airbnb ou un CRM complexe sans écrire une seule ligne de code, le tout en glissant des éléments sur une page blanche. C’est la promesse séduisante que nous vend bubble.io depuis plus d’une décennie. Mais soyons honnêtes un instant. Entre la promesse marketing d’une liberté totale et la réalité technique d’une base de données mal structurée, il y a souvent un fossé dans lequel tombent de nombreux entrepreneurs. Nous avons passé la plateforme au crible pour voir si, en 2026, elle reste le choix incontournable pour lancer son activité ou si elle est devenue une usine à gaz trop coûteuse.
Présentation de la plateforme Bubble.io
Bubble n’est pas un simple constructeur de sites vitrines comme Wix ou Squarespace. C’est un langage de programmation visuel complet. Fondée par Emmanuel Straschnov et Josh Haas, la plateforme a survécu à l’éclatement de la bulle No-Code pour s’imposer comme le standard du marché. Ce qui distingue Bubble de la masse, c’est sa capacité à gérer le Full Stack. Vous ne dessinez pas seulement l’interface. Vous construisez la logique métier, vous structurez la base de données et vous gérez les API.
En 2026, l’outil a intégré massivement l’intelligence artificielle pour accélérer la construction des pages et la rédaction des workflows. C’est impressionnant sur le papier. Cependant, cette puissance a un prix : la complexité. Contrairement à d’autres outils qui vous prennent par la main, Bubble vous donne une page blanche et vous dit débrouillez-vous. C’est à la fois sa plus grande force et sa plus grande faiblesse. Vous avez le pouvoir de tout casser si vous ne savez pas ce que vous faites.
Comment utiliser cette solution ?
L’utilisation de la solution ne nécessite aucune installation locale. Tout se passe dans votre navigateur, ce qui est devenu la norme. Une fois votre compte créé, vous atterrissez dans l’éditeur qui se divise en plusieurs onglets stratégiques.
- L’onglet Design fonctionne comme un outil de graphisme classique. Vous glissez des groupes, des textes et des images. La subtilité réside dans le moteur de mise en page Flexbox que Bubble a fini par adopter il y a quelques années. Si vous venez du web design, vous serez à l’aise. Si vous êtes novice, préparez-vous à passer quelques heures à comprendre pourquoi votre bouton disparaît sur mobile.
- Le cœur du système se situe dans l’onglet Workflow. C’est ici que vous dites à l’application : Quand l’utilisateur clique sur ce bouton, inscris le dans la base de données, envoie lui un email et redirige le vers la page d’accueil. La logique se construit phrase par phrase, presque comme de l’anglais courant. C’est puissant.
- L’onglet Data gère vos données. C’est là que le bât blesse souvent pour les débutants. Bubble vous laisse créer des types de données à la volée, mais sans une rigueur de DBA (Database Administrator), vous risquez de créer une application lente et impossible à maintenir.
Quelques bonnes pratiques
Voici quelques conseils qui sauveront un projet du désastre.
- Ne négligez jamais la structure de votre base de données. Pensez des règles privées (Privacy Rules) dès le départ. C’est le système qui empêche un utilisateur de voir les données d’un autre. Trop de créateurs oublient cette étape et exposent leurs données sans le savoir.
- Abusez des Backend Workflows. Ne faites pas tout traiter par le navigateur de votre client. Si vous devez modifier 500 entrées dans votre base, faites le côté serveur. Votre application sera plus rapide et vos utilisateurs moins frustrés.
- Méfiez-vous des plugins. L’écosystème de Bubble est riche, mais installer 40 plugins pour des fonctionnalités basiques est une erreur de débutant. Chaque plugin est une dépendance externe, un risque de sécurité potentiel et un poids supplémentaire pour le chargement de votre page. Si vous pouvez le faire avec les fonctions natives, faites-le en natif.
Points forts et limites de la solution
Les atouts majeurs :
- La vitesse de développement est incomparable. Ce qui prenait trois mois à une équipe de développeurs React/Node.js peut être réalisé en trois semaines par une seule personne motivée sur bubble.io.
- L’hébergement est inclus, la gestion des serveurs est transparente, et le déploiement se fait en un clic.
- Pour valider une idée ou lancer un MVP (Produit Minimum Viable), c’est une arme redoutable.
Les aspects perfectibles :
- Mais il y a des ombres au tableau. La première est le Vendor Lock-in. Vous ne possédez pas votre code. Vous ne pouvez pas exporter votre application pour l’héberger ailleurs.
- Si Bubble augmente ses prix (ce qu’ils ont fait à plusieurs reprises) ou ferme ses portes, vous êtes coincé.
- Les performances peuvent devenir un goulot d’étranglement si votre application gère des millions de données.
- Ce n’est pas l’outil idéal pour du Big Data ou des applications nécessitant une latence ultra faible.
Visuel de Bubble.io
L'interface utilisateur
Et du coté des tarifs ?
La structure tarifaire de Bubble a évolué vers un modèle basé sur la charge de travail (Workload Units). C’est un point de friction majeur pour la communauté, car il est parfois difficile de prédire combien votre application va consommer avant de la lancer.
| Plan | Prix (Mensuel) | Pour qui ? | Fonctionnalités Clés |
|---|---|---|---|
| Free | 0 $ | Curieux & Apprentissage | Développement complet, pas de mise en ligne sur domaine propre, branding Bubble. |
| Starter | 32 $ | Solopreneurs & MVP | Domaine personnalisé, pas de branding, 175k unités de charge, logs de 2 jours. |
| Growth | 134 $ | Startups en croissance | 2 éditeurs, 250k unités de charge, logs de 14 jours, authentification 2FA premium. |
| Team | 399 $ | Agences & Équipes | 5 éditeurs, 500k unités de charge, sous-applications, logs de 90 jours. |
4 alternatives alternatives à Bubble.io
| Solution | Type | Comparaison vs Bubble | Lien |
|---|---|---|---|
| FlutterFlow | Mobile Natif | Meilleur pour les apps mobiles iOS/Android, permet l’export de code. | Visiter |
| WeWeb | Frontend | Sépare le frontend du backend. Idéal couplé avec Xano ou Supabase. | Visiter |
| Webflow | Site Web / CMS | Supérieur pour le design et le SEO, mais beaucoup moins puissant pour la logique applicative. | Visiter |
| Softr | Portail Client | Beaucoup plus simple, utilise Airtable comme base de données. Limité en design. | Visiter |
Conclusion
Bubble reste, en 2026, le patron incontesté pour qui veut lancer un SaaS complexe sans équipe technique. Sa richesse fonctionnelle est abyssale. Cependant, ne vous y trompez pas : c’est un métier à part entière. Si vous pensez créer le prochain Uber en un week-end sans effort, vous allez au devant de graves désillusions.
C’est un outil professionnel qui demande de l’investissement en temps. Si vous acceptez la courbe d’apprentissage et le risque lié à la dépendance propriétaire, c’est probablement le meilleur investissement que vous puissiez faire pour votre startup. Pour les autres, les solutions plus spécialisées comme FlutterFlow ou WeWeb offrent des alternatives séduisantes et souvent plus modernes.
FAQ - 7 Questions Fréquentes
1. Peut-on vraiment tout créer avec Bubble ?
Presque. Des marketplaces, des CRM, des réseaux sociaux… La limite se situe souvent au niveau des jeux vidéo ou des applications nécessitant des calculs mathématiques très lourds en temps réel.
2. L’application m’appartient-elle ?
Les données vous appartiennent (RGPD oblige), ainsi que le design intellectuel. Mais le code source généré ne peut pas être exporté pour être hébergé ailleurs. Vous êtes locataire de la technologie.
3. Bubble est-il bon pour le SEO ?
C’est mieux qu’avant, mais ce n’est pas son point fort. Pour un blog ou un site vitrine purement SEO, préférez WordPress ou Webflow. Bubble est fait pour des applications web (SaaS).
4. Peut-on faire une application mobile native (iOS/Android) ?
Pas nativement. Bubble crée des “Progressive Web Apps” (PWA). Pour aller sur l’App Store, vous devrez utiliser des “wrappers” (outils tiers) qui emballent votre site Bubble dans une coquille mobile, ce qui n’est pas toujours optimal.
5. Est-ce sécurisé ?
Oui, l’infrastructure est solide (AWS). Mais la sécurité de votre application dépend de votre configuration des “Privacy Rules”. 90% des failles sur Bubble viennent d’une erreur humaine du créateur.
6. Combien de temps pour apprendre Bubble ?
Comptez environ 3 à 4 semaines d’apprentissage intensif pour être à l’aise. Pour devenir un expert capable de vendre ses prestations, comptez 6 mois à un an de pratique.
7. Que se passe-t-il si je dépasse mon forfait ?
Bubble ne coupe pas votre application immédiatement, mais vous facturera des suppléments pour les unités de charge (Workload Units) consommées en trop. Il est crucial de surveiller ses logs.